Partenariat international
Maisons Familiales Rurales du Burkina Faso
Maisons Familiales Rurales du Maine et Loire
1. Un partenariat d’origine burkinabé
En 1997, quelques responsables d’une association paysanne (groupement Naam) du Burkina Faso découvrent
par l’intermédiaire de l’AFDI Pays de la Loire (Agriculteurs Français et Développement International)
une Maison Familiale Rurale au Bénin. Cette délégation est alors fortement intéressée par ce système de formation professionnelle.
Rencontres pédagogiques entre équipes de moniteurs burkinabé et français à Yako ; octobre 2010
Les liens commencent ensuite à se tisser à plusieurs niveaux ; les Maisons Familiales du Maine et Loire, aidées du Service International de l’Union
Nationale des Maisons Familiales, répondent favorablement au souhait des responsables burkinabé de création d’établissements de formation basés sur
des principes de base largement expérimentés avec succès en France et dans d’autres pays africains, à savoir :
une forte relation d’un établissement de formation avec les milieux socio-professionnels
un mode éducatif basé sur l’alternance école / milieu professionnel
une mobilisation des familles dans la conduite de l’établissement de formation.
Deux établissements voient donc le jour en 2001 à Yako et Séguénégua (voir carte jointe). Ils sont conduits par un Conseil
d’administration composé essentiellement de parents d’élèves et de responsables professionnels locaux.
Télécharger la carte de situation des MFR du Burkina Faso
Ils sont soutenus et accompagnés par les Maisons Familiales de Maine et Loire et de Loire-Atlantique, sur le plan pédagogique et financier.
2. Des formations originales répondant aux besoins du milieu
Depuis cette date, plusieurs formations ont été successivement créées, dont les référentiels sont en adéquation avec les besoins recensés dans le milieu :
- Des formations longues en agriculture-élevage destinées à des jeunes désireux de développer des activités dans ce domaine, souvent eux-mêmes fils de paysans.
Elles durent deux années suivant un rythme alterné.
- Des formations plus courtes et ponctuelles, destinées à des paysans possédant une bonne expérience. Elles durent 2 à 3 jours par mois pendant plusieurs
mois sur des thématiques spécifiques : maraîchage, embouche bovine et ovine, élevage de petits animaux, mais aussi santé, alimentation…
- Des sessions d’alphabétisation inscrites dans les programmes nationaux burkinabés.
- Près de 2500 personnes ont pu bénéficier de l’une ou l’autre de ces formations.
- Depuis quelques années, ces formations bénéficient de financements contractualisés au Burkina Faso.
Guiro Yacouba : Président des Maisons Familiales Rurales du Burkina Faso
3. Une organisation nationale burkinabée en plein essor
Pour pallier le déficit local de formation professionnelle des ruraux jeunes et adultes, de nombreuses collectivités
villageoises expriment le souhait de mettre en place des façons d’éduquer proches des expériences de Yako et Séguénégua.
Ces demandes ont abouti à la mise en place de quatre nouvelles Maisons Familiales Rurales : Daboura en 2007, Tambaga en 2009,
Zabré et Diabo en 2010 (voir carte). D’autres ouvertures devraient se réaliser dans les prochaines années. Le dynamisme des
collectivités demandeuses est la garantie essentielle pour une création réussie en capacité de drainer un nombre suffisant
d’élèves ou d’auditeurs.
Face à la montée en puissance de cette idée de formation professionnelle en alternance pour le milieu rural, les Maisons Familiales Rurales
du Burkina Faso se sont rassemblées en 2007 autour d’une Union Nationale basée à Ouagadougou.
Le rôle de cette Union est :
d’épauler la création de nouvelles Maisons Familiales,
d’assurer la formation pédagogique des moniteurs et la formation des directeurs,
de mettre en réseau des outils et des démarches expérimentées dans les différents sites,
de faire reconnaître formellement ces expériences pédagogiques par les instances nationales, et ce afin de participer plus efficacement aux politiques nationales
de formation professionnelle des jeunes et des adultes,
de rechercher les financements nécessaires au fonctionnement des formations.
4. Un partenariat qui continue d’évoluer
Le mode de partenariat entre les MFR du Burkina Faso et celles du Maine et Loire a évolué pour tenir
compte de l’amplification de la demande et de la structuration nationale qui est maintenant opérationnelle
au Burkina Faso. D’un soutien dirigé essentiellement vers les premières MFR, nous sommes passés à un accompagnement
qui vise le renforcement de l’Union nationale des MFR du Burkina.
A cet effet, nous mobilisons des fonds publics (Agence Française de Développement, Conseil général de Maine et Loire,
Conseil Régional des Pays de la Loire) et privés (Fondation des MFR dans le Monde, établissements de formation)
Au travers du partenariat avec le Burkina Faso, le réseau des MFR de Maine et Loire s’est engagé dans la réalisation de la
4ième mission de l’enseignement agricole contenue dans la loi de 1984, à savoir : « participer à des actions de coopération
internationale, notamment en favorisant les échanges, l’accueils d’élèves, apprentis et enseignants ».
Maisons Familiale Rurale de Séguénéga
Pendant l’année 2010/2011, ce partenariat a pris de l’ambition, les objectifs se sont affinés et amplifiés. Pour les MFR
du Burkina Faso, il s’agit de promouvoir au niveau national burkinabé l’ambition pédagogique des MFR de formation des jeunes
et adultes ruraux, dans une perspective à moyen et long terme d’amélioration de la productivité de l’agriculture et des revenus
des familles. Pour les MFR de Maine et Loire, il s’agit de favoriser l’éducation à l’international et au développement, autrement
dit, l’ouverture au monde des jeunes et adultes en formation dans notre réseau. L’occasion est en effet donnée aux établissements
et aux jeunes qui y sont inscrits, de s’ouvrir par la rencontre à une culture très éloignée de nos schémas mentaux, et donc
d’approfondir à la fois leur compréhension du monde contemporain et les valeurs de tolérance et d’humanisme qui nous rassemblent.